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  2. Quelle est la différence entre le scotch et le bourbon ?

Il n’est pas rare que les amateurs de whisky débutants confondent, à l’œil, certains scotchs ambrés avec du bourbon. Il est vrai que la robe si particulièrement foncée des bourbons peut se confondre avec bien d’autres spiritueux, comme le cognac, l’armagnac, voire certains rhums. Dans le cas du whisky écossais (ou Scotch whisky), l’erreur est moins courante en raison de la prédominance des breuvages à la robe pâle comme ceux du Speyside et d’Islay. Mais en Écosse, ce ne sont pas les régions de production qui manquent et celle des Highlands est plutôt réputée pour ses whiskies sombres et dotés d'arômes plus virils que les breuvages tourbés : toutes les caractéristiques d’un bourbon qui se respecte…

Les 5 différences entre un scotch et un bourbon

Le Scotch est le nom habituel donné au whisky élaboré en Écosse, quelle que soit la région de production. Le Bourbon, quant à lui, incarne la vision américaine du whisky. Indissociable du Kentucky et des plaines du Sud, un Bourbon se distingue du Scotch sur de nombreux points : 

  1. La matière première : Si le Scotch est principalement fabriqué à partir d’orge maltée et de céréales non maltées pour les blends, le Bourbon se doit légalement de contenir au moins 51 % de maïs. C’est le maïs qui apporte au Bourbon cette douceur caramélisée si caractéristique, alors que l’orge écossaise concourt à la révélation de notes plus sèches et iodées.

  2. La géographie : Le nom “Scotch” est devenu une appellation protégée en raison de la profusion de whiskies qui se targuaient d’être écossais sans l’être. La réputation du pays fondateur du whisky (même si les irlandais considèrent que c’est chez eux que le whisky a été inventé) incitant à protéger un savoir-faire et une image. Un Scotch se doit donc d’être distillé et vieilli en Écosse. Quant au Bourbon, celui-ci doit être fabriqué aux États-Unis, même si le Kentucky reste le territoire emblématique.

  3. Le vieillissement : Le Bourbon doit être élevé dans des fûts de chêne neufs. Cette obligation est héritière d’une volonté des propriétaires de forêts de chênes qui insistèrent auprès du Congrès américain pour voter une loi obligeant les producteurs de Bourbon à acquérir des barriques neuves. Le Scotch, en revanche, peut être vieilli dans n’importe quel type de fût (parfois ayant contenu du bourbon !). Cette liberté permet de proposer une variété aromatique plus large que celle du Bourbon.

  4. Le profil aromatique : La présence de maïs et l’influence du chêne neuf concourent à cette “monotonie” aromatique caractérisée par les notes vanillées, caramélisées et torréfiées. Le Scotch propose une palette de saveurs plus large selon les régions. Le terroir Islay étant reconnaissable à ses whiskies tourbés et iodés, celui du Speyside à ses whiskies légers et miellés et les Highlands à leurs breuvages plus boisés, voire caramélisés.

  5. L’orthographe : Ce détail est repérable par les puristes sur les étiquettes de chacune de ces boissons. En Écosse, on écrit whisky et aux États-Unis, on écrit généralement whiskey.

Du Bourbon en Écosse ?

S’il est vrai que les whiskies tourbés des îles d’Islay, avec leurs notes d’iode et de goudron, ne ressemblent pas au Bourbon, il est possible de trouver en Écosse un terroir plus voisin. Nous pensons précisément à la région des Highlands et à ses whiskies élevés dans des fûts de premier remplissage ou ayant contenu du bourbon. Les blends des Highlands sont parfois produits à partir d’un assemblage de whiskies de grain et de maïs pour obtenir une rondeur et une sucrosité similaires à celles du Bourbon. 


Si vous êtes amateur de Bourbon voici trois exemples de whiskies des Highlands qui pourraient vous séduire :

  1. Highland Park Cask Strenght : Ce grand classique a vieilli dans des ex-fûts de bourbon, augurant l’expression de notes de vanille, de crème brûlée et de pêche qui rappellent la douceur des bourbons.

  2. Dalmore : Les whiskies Dalmore, de par leur présentation et leurs caractéristiques gustatives, sont souvent plébiscités par les amateurs de bourbon et de cognac (c’est-à-dire des breuvages qui sont tributaires de leur élevage en fûts).

  3. Aberfeldy 12 ans : Même s’il s’agit d’un single malt, le vieillissement de ce whisky des Highlands procure au breuvage des notes boisées et vanillées dignes d’un bourbon de haute tenue. Les arômes de caramel salé et de miel ne dépayseront pas les palais habitués au whiskey américain.