Que les amateurs de whisky soient prévenus : cet article n’est pas destiné à vous fournir un argument supplémentaire en faveur de votre passion pour les single malts… D’autre part, et avant d’entrer dans le vif du sujet, il nous paraît nécessaire de faire ce rappel essentiel : l’abus d’alcool est dangereux pour la santé. Maintenant que tout est clair entre nous, passons au sujet qui nous intéresse, à savoir : le whisky est-il bon pour le cœur ?
Cet article n’ayant aucune vocation médicale, et souhaitant seulement défricher certaines rumeurs ou idées reçues concernant la consommation de whisky, nous mènerons notre démonstration à la lueur de quelques écrits officiels et d’un minimum de bon sens…
Bon pour le cœur ou bon pour la circulation sanguine ?
Évacuons sans tarder la question : non, le whisky n’est pas bon pour le cœur. D’ailleurs, aucune boisson alcoolisée ne peut se targuer d’être “bonnes” pour le cœur. Le seul mythe qui mériterait un peu de temps de réflexion reste donc celui de la vasodilatation.
En conséquence, et plutôt que d’affirmer que le whisky serait bénéfique pour le cœur lui-même, il nous paraît plus juste d’analyser les effets d’une consommation modérée de whisky sur la circulation sanguine : ce que l’on nommera ses propriétés vasodilatatrices.
Approche scientifique du phénomène
L’éthanol (l’autre nom de l’alcool pur) provoque une relaxation des vaisseaux sanguins, entraînant leur dilatation. Un whisky contenant en moyenne 40 à 45 % d’alcool, le phénomène évoqué explique la sensation de chaleur que l’on peut ressentir en buvant une gorgée de n’importe quel spiritueux. À ce sujet, l’histoire de Charles Joughin, ce survivant du Titanic, est souvent évoquée. Selon la légende, si cet homme a pu attendre les secours après trois heures passées dans l’eau froide, c’est en raison de sa consommation d’alcool fort (son sang aurait continué de circuler, évitant ainsi une crispation fatale des vaisseaux).
La science moderne nuance cette possible capacité de l’alcool pur de dilater les vaisseaux sanguins. Car si la vasodilatation procure cette sensation de chaleur, elle favorise également la déperdition thermique du corps (un phénomène jugé à risques en cas d’hypothermie).
Moralité : parier sur le whisky pour améliorer sa circulation sanguine n’est pas un traitement reconnu médicalement…
Le problème des artères bouchées : causes et traitements
Si la vasodilatation permet d’élargir temporairement le diamètre des vaisseaux sanguins, elle ne peut résoudre le problème de fond des maladies cardiovasculaires liées à une obstruction artérielle totale ou partielle.
Si l’on sait les causes qui provoquent un rétrécissement des artères et des veines (stress, sédentarité, tabagisme, hygiène alimentaire ou capital génétique propice à l’accumulation de plaques de cholestérol…), jamais vous n’entendrez un médecin préconiser un verre de whisky pour guérir de cette pathologie. La raison est simple : si un verre d’alcool fort peut provoquer une dilatation artérielle temporaire, jamais il ne pourra “dissoudre” les plaques de mauvais cholestérol ou réparer une valve cardiaque endommagée.
En conclusion, s’il est vrai que le whisky possède un effet vasodilatateur temporaire, ne comptez pas sur votre single malt préféré pour vous réparer le cœur. Par contre, et sur ce point il ne sera pas nécessaire de convoquer la science : déguster son alcool préféré avec modération peut vous procurer un certain baume au cœur.